Ce que vous pourriez ressentir

J’ai ressenti de la colère et de la trahison, j’étais triste, j’éprouvais tant de honte et de culpabilité parce que je n’avais pas réussi à réaliser ce que j’aurais voulu faire au Rwanda pour aider la population. - Un·e vétéran·e des forces armées
Notre communauté connaît les signes et les symptômes du stress opérationnel. Les gens connaissent les risques qui sont en jeu. En fait, ils ont l’impression que ce ne sera jamais leur tour. Jamais. C’est une surprise chaque fois que ça arrive à un membre de la GRC. - Un·e membre de famille

Vous pourriez ressentir de la confusion et de l’accablement. Vous pourriez avoir des sentiments de léthargie, de tristesse, de culpabilité, d’anxiété, de trahison ou de colère. Vous n’éprouvez pas nécessairement toutes ces émotions, mais certaines vous sont sans doute très familières.

J’ai fait une transfusion de bras à bras à une femme parce que nous avions le même groupe sanguin, mais je n’ai pas pu la sauver. Elle est morte au bout de son sang, juste à côté de moi. C’est une intervention de base, mais je n’y suis pas arrivé. [Pause.] L’affaire, c’est que son estomac avait éclaté. Je n’avais jamais rien vu de tel dans mes autres affectations, pas chez une personne encore vivante […] juste à côté de moi […] qui me regardait fixement. Je suis entré en état de choc. J’ai figé, et mon cœur a arrêté de pomper mon sang. - Un·e vétéran·e des forces armées
Je me sentais constamment coupable de ce que je n’ai pas fait ou de ce que je n’ai pas pu faire pour empêcher tant de morts. Je ressentais tant de honte et de culpabilité que ça commençait à orienter toute ma vie. - Un·e vétéran·e des forces armées

Dans une situation traumatisante, notre première réaction est souvent de nous blâmer nous-mêmes. Vous pouvez être aux prises avec ce blâme de soi, vous interroger sur votre rôle dans les événements et développer une opinion négative de vous-même. Vous avez peut-être éprouvé de la culpabilité et de la honte, vous vous êtes peut-être blâmé·e pendant les événements eux-mêmes ou par la suite, après votre retour du déploiement ou après votre départ à la retraite.

D’autres sentiments courants :

  • La colère envers vous-même et les autres.
  • Le ressentiment d’avoir été placé·e dans cette situation.
  • La tristesse et la peine face aux souffrances dont vous avez été témoin.
  • La tristesse et la peine face aux souffrances que vous avez subies à cause de vos blessures.
  • La trahison, s’il y a eu un abus de confiance avec un·e dirigeant·e, un·e collègue ou l’institution.
  • La confusion à savoir comment une telle chose a pu se produire et pourquoi vous ressentez ce que vous ressentez.
  • L’anxiété : si cela s’est produit, que pourrait-il arriver d’autre?
  • L’apathie, qui vous amène à vous demander pourquoi vous ne ressentez rien.
  • Le soulagement à l’idée que, maintenant que vous êtes à la retraite, vous n’aurez plus jamais à vivre de tels événements ou à en être témoin.
  • La gratitude d’être en vie et de savoir que les circonstances de vos blessures n’existent plus.

Tous ces sentiments sont naturels et normaux, et ils font partie de votre réaction de deuil à n’importe quel genre de blessure. Vous éprouverez peut-être plusieurs de ces sentiments en même temps, et ils pourront varier en intensité.