Soutien et rétablissement

Je cheminais sur ce parcours de rétablissement et de guérison, mais je voulais continuer ma carrière. Comment faire alors? Je te dirais que ça va sembler vraiment difficile. Tu vas te sentir vraiment vulnérable. Tu vas te sentir vraiment mal à l’aise. Mais avec les bons soutiens, tu peux y arriver. - Un·e vétéran·e des forces armées

Les FAC et la GRC ont une culture de l’autonomie qui est nécessaire pour exécuter des tâches qui sont souvent très éprouvantes. Mais si une personne subit une blessure, ou si elle a besoin de soutien en santé physique ou mentale, il peut être difficile de savoir comment trouver et obtenir l’aide qui fonctionnera pour elle. C’est un problème qui ne se règle pas tout seul.

À six occasions différentes, j’ai été victime d’agression sexuelle ou de harcèlement dans l’armée. Chacun de ces événements m’a affectée différemment. Je ne saurais même pas par où commencer! - Un·e vétéran·e des forces armées

Votre équipe de soutien

Il est d’une importance vitale pour le rétablissement d’obtenir un soutien professionnel complet en matière de santé mentale et physique : psychologue, personnel de travail social, psychiatre, médecin, infirmier·ère praticien·ne, physiothérapeute, ergothérapeute.

La première étape consiste souvent à savoir et à admettre que vous avez besoin d’une aide supplémentaire. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du contexte des FAC, de la GRC et d’ACC, il faut souvent faire plusieurs essais infructueux avant d’obtenir le bon service. Si la première, la deuxième ou la troisième personne à qui vous demandez des services de thérapie ou de counseling n’est pas la bonne ressource, il est essentiel de trouver quelqu’un en qui vous avez confiance et qui possède de l’expérience de travail auprès des personnes survivantes de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle.

Peut-être que vos ami·es et votre famille vous ont suggéré d’obtenir une aide extérieure, alors que vous pensez que vous n’en avez pas besoin. Il peut être difficile d’admettre qu’une aide professionnelle pourrait vous être bénéfique, car elle pourrait donner une nouvelle réalité à ce que vous avez vécu. Nous vous encourageons à écouter vos proches, qui vous aiment et qui se soucient de vous.

Là où j’ai le mieux réussi, c’est quand j’ai eu une bonne équipe de soutien en santé mentale, un bon médecin, une infirmière praticienne, des gens qui n’avaient pas de préjugés envers mon travail. J’ai réussi à traiter tout ça en trouvant des gens sur qui m’appuyer en dehors du cadre militaire et en découvrant qu’on peut être fier de ce qu’on fait et, quand même… ressentir ces blessures. Finalement, c’est un civil qui a réussi à normaliser mon cas. - Un·e vétéran·e des forces armées

D’autres défis

Si vous êtes une femme et que vous faites carrière dans les FAC ou la GRC, vous exercez peut-être des fonctions importantes à la maison aussi. Vous pourriez trouver difficile de chercher de l’aide à cause de vos responsabilités domestiques. Si c’est votre cas, vous devrez peut-être demander à vos ami·es et à des membres de votre famille de vous épauler à l’occasion, que ce soit pour prendre soin des enfants ou pour faire des démarches en votre nom.

Pair-aidance

Le programme[de pair-aidance] Apiary a produit tous les résultats que nous espérions. Il démontre l’importance pour les femmes de pouvoir se réunir, de s’entraider, de parler de leurs expériences et de raconter les traumatismes qu’elles ont subis, dans un contexte qu’elles contrôlent et en présence d’autres femmes qui ont vécu des expériences semblables. Selon moi, elles reçoivent un soutien essentiel et très puissant. - Une thérapeute militaire

Il n’y a rien de tel que d’entrer en relation avec quelqu’un qui est « passé par là ». Certes, il n’y a pas deux expériences identiques, mais il peut être utile et bénéfique de savoir que vous n’êtes pas la seule personne à avoir vécu ce genre d’expérience.

Il est aussi utile de savoir quelles autres ressources et stratégies ont aidé ces personnes. On en parle rarement, mais il peut être très gratifiant d’aider les gens.

La pair-aidance a pour objectif d’établir un lieu où les personnes se trouvent assez bien pour pouvoir dire : « Il m’est arrivé une chose horrible, mais c’est ce qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Maintenant, j’ai les compétences, les ressources et la confiance nécessaires pour parler de ce que j’ai vécu et, je l’espère, pour aider quelqu’un d’autre à cheminer vers sa guérison.

J’ai dit à ma travailleuse sociale que je me sens attirée par ce que je fais maintenant, parce que je veux abattre ces obstacles pour des personnes comme moi : Comment obtenir de l’aide? Comment la demander? Où trouver les bonnes ressources? Je pense que, si j’avais su tout ce que je sais maintenant, j’aurais pu m’épargner bien des années de douleur et de souffrances. - Un·e vétéran·e des forces armées