Quand ce n’est pas vous qui avez choisi de partir

Quand vous quittez les services policiers ou militaires sans l’avoir choisi, votre deuil risque d’être encore plus complexe.

Le renvoi pour raisons médicales

On m’a libéré pour des raisons médicales quand j’ai reçu un diagnostic de TSPT. Je me suis senti rejeté, comme si j’étais devenu invisible, comme si je n’avais plus de valeur pour ma famille militaire ou pour ma propre famille. Je me demandais : « Qui suis-je maintenant? » J’ai perdu une partie de moi-même quand on m’a enlevé mon uniforme. Maintenant, j’essaie de me construire une identité qui a de la valeur en dehors de l’uniforme. Je vis continuellement dans l’ombre de l’uniforme. - Un·e vétéran·e des forces armées
Quand on vient t’annoncer ta libération pour des raisons médicales, tu as quasiment l’impression d’être… d’être une peau morte. - Un·e vétéran·e de la GRC

Ces pertes peuvent être très variées : une incapacité fonctionnelle, la perte d’énergie, l’évolution des relations, la perte de votre source de revenu, pour ne nommer que celles-là. Vous vous demandez peut-être qui vous êtes maintenant, ce qui ébranle votre estime de soi. Vous déplorez peut-être la perte de la certitude et de la sécurité que votre carrière vous donnait.

La perte de contact avec vos collègues et vos sources de soutien peut ajouter une couche supplémentaire à votre deuil.

Libération due à la purge des personnes 2SLGBTQ+

Des années 1950 aux années 1990, une politique du gouvernement du Canada a instauré une culture de la discrimination et du harcèlement associée à l’homophobie, à la biphobie et à la transphobie dans la fonction publique, dans les FAC et à la GRC. Les membres de la communauté 2SLGBTQ+ faisaient l’objet d’une identification, d’enquêtes et, souvent, d’une expulsion de leur organisation. On refusait de leur donner leurs avantages sociaux, leur indemnité de départ et leur pension de retraite. Certain·es ont eu le choix entre le renvoi et un traitement psychiatrique. Ceux et celles qui demeuraient en poste étaient souvent rétrogradé·es ou transféré·es, ou se voyaient refuser toute promotion. Ces expériences horribles ont entraîné des traumatismes psychologiques et des couches de deuil additionnelles qui perdurent encore aujourd’hui.

Si vous avez fait l’objet d’un renvoi dans le cadre de la Purge, la perte d’identité, les sentiments de trahison et le manque de reconnaissance pour votre service peuvent rendre votre deuil plus complexe. Ce renvoi peut avoir contribué à vous fermer l’accès aux ressources et soutiens nécessaires. Vous vous sentez peut-être trahi·e par l’organisation pour laquelle vous vous étiez engagé·e, ou vous êtes en deuil des années que vous avez perdues au service d’une organisation qui n’a reconnu que récemment votre statut de personne vétérane.

J’ai été la cible directe d’un haut commandant qui voulait me renvoyer au seul et unique motif que je suis une maudite gouine. Je me suis fait harceler. Les officiers supérieurs qui avaient été témoins de ce qu’il avait dit n’ont pas voulu m’épauler… ma carrière militaire était la seule chose qui me donnait un certain niveau de confiance. Alors, on m’a enlevé ce que je considérais comme la meilleure partie de mon identité. - Un·e vétéran·e des forces armées

Plus de ressources

Pour les survivant·es de la Purge :

  • Vous pourriez entrer en contact avec Vétérans Arc-en-ciel du Canada, une organisation qui a pour mission d’offrir un espace sûr et solidaire aux vétéran·es des FAC survivant·es de la Purge LGBT ainsi qu’aux autres personnes vétéranes des FAC qui s’identifient comme 2SLGBTQ+.
  • Communiquez avec le Fonds Purge LGBT pour obtenir de l’information sur le règlement du recours collectif et d’autres projets de réconciliation et commémoration.